La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) a conclu, lundi dernier, une convention de prise de participation dans le capital de M’dina bus.
En vertu de cet accord, la CDG s’offre 34% dans le capital du concessionnaire du transport urbain à Casablanca. Toutefois, la CDG a assorti sa décision d’une condition sans laquelle la convention serait nulle et non avenue. En effet, la Caisse exige que tous les comptes du délégataire soient assainis, notamment une ardoise de 50 millions de DH. Depuis déjà quelques mois, des négociations allaient bon train entre M’dina bus et la CDG. Seulement, cette dernière a lié l’aboutissement des négociations au paiement des charges sociales essentiellement celles dues à la CNSS et la CIMR, apprend-on de source proche du dossier. En fait, M’dina bus a cessé les versements des charges aux organismes concernés depuis 17 mois.
Les parts acquises par la CDG lui ont été cédées par deux associés dans le capital de M’dina bus. La Caisse a ainsi acquis les 20% détenus par Finances.com et 14% des parts de la holding Transinvest, qui détient 60% de l’actionnariat, Au total la CDG disposera de 34% du capital du transporteur délégué.
De bonnes sources, L’Economiste a appris que Finances.com et le partenaire français, la RATP (Régie autonome des transports parisiens), «ne sont pas en bons termes avec la direction générale». Ces partenaires ont gelé leurs activités au sein de la société.
La RATP a même lié son retour à la prise de participation de la CDG dans le capital de M’dina bus. Histoire, peut-être, de s’offrir de meilleures garanties. A signaler au passage que trois actionnaires fondateurs forment ce groupement. Il s’agit de la RATP (20%), Finance.com (20% également) et la holding Transinvest qui détient 60% de l’actionnariat. Cette dernière agit pour le compte d’Al Bahja Bus et Haddou Bus. Elle a été créée pour se conformer aux dispositions du contrat qui exigent que les actionnaires de la société délégataire soient des SA.
La convention fixe la durée de délégation à 15 ans, pouvant être prolongée de 7 ans. Elle fait état aussi d’un programme d’investissements de près de 1,9 milliard de DH qui sera exécuté selon un plan de financement quinquennal. Quelque 96% de cet effort d’investissement seront affectés à l’achat de bus, à la mise en place de systèmes informatiques de gestion ainsi qu’au financement de divers équipements.
Aujourd’hui, dans le capital de M’dina bus, les comptes d’associés de la RATP, qui reste dans le tour de table, s’élèvent à 20 millions de DH pour 340 véhicules. Dont l’état mécanique est contesté par de nombreux responsables et professionnels. «Nous avons offert à M’dina bus environ 450 millions de DH de subventions déguisées, parce que ces véhicules, d’occasion soit dit en passant, coûtent à peine quelque 20.000 DH l’unité», s’indigne un transporteur. C’est ce qui a permis, au bout de quatre ans, au délégataire de faire l’économie de l’investissement prévu.
En attendant, les usagers sont malmenés, la sécurité est délaissée, les véhicules délabrés… tous les risques sont donc là.

















