Comme prévu, la balance des paiements est de nouveau malmenée. Un repli provoqué par l’enchaînement des mauvaises performances au niveau des écoulements, notamment dans les phosphates, l’agroalimentaire et le textile. Des activités rudement mises à mal par la vive concurrence internationale, et qui ont été suffisantes pour creuser davantage les déficits. C’est en substance ce qu’indiquent les dernières statistiques de l’Office des changes concernant les échanges marocains à fin décembre. Au niveau d’une des principales rubriques de la balance des paiements, à savoir les biens et services, ces chiffres font ressortir un solde déficitaire de 95,6 milliards de DH, pour un taux de couverture qui bascule à 68,6%. Un déficit certes moins important que celui de 2008, mais qui reste préoccupant.
Principales causes pointées du doigt, les exportations de biens et services qui n’ont pas dépassé 209,5 milliards de DH sur l’année 2009, contre 259 milliards un an auparavant, soit un recul de 19,2% pour une perte annuelle de 50 milliards de DH. Dans le lot, ce sont les exportations de biens (évaluées FOB) qui ont le plus accusé le coup. Elles se sont en effet affaissées de pas moins de 28%.
Dans de moindres mesures, les exportations de services ont enregistré un repli, puisqu’elles ne se sont dépréciées que de 6% comparativement à 2008. Parallèlement, les importations des biens et services se sont inscrites dans le même trend baissier que les exportations. Ceci limite dans une certaine mesure la contre performance. Elles se sont ainsi établies à 305 milliards de DH contre 358,8 milliards à fin décembre 2008, soit 15% de moins qu’en 2008. Dans la foulée, les achats de biens (évalués FOB) régressent de 19% à l’heure où les importations de services s’apprécient de 8,6%.
Du côté des recettes MRE, la baisse est plus contenue. En effet, elles perdent 5,3% pour se tasser à 50 milliards de DH. Par rapport à la moyenne des années 2004 à 2008, ces recettes se sont tout de même accrues de 7,3% (ou 3,4 milliards de DH). Les recettes au titre des investissements et prêts privés étrangers se sont également illustrées par une chute de 26% (-9,2 milliards de DH). Elles se sont arrêtées à 26 milliards de DH contre 35 milliards à la même période de 2008. Les dépenses, quant à elles, se sont également inscrites en retrait de 9,1%, pour ressortir à 13 milliards de DH contre 14 milliards à fin décembre 2008. Celles-ci ont porté sur les cessions d’investissements directs étrangers à concurrence de 67,8% du total. Le reste est réparti sur les cessions d’investissements de portefeuille et sur les remboursements de prêts privés étrangers respectivement à hauteur de 23 et 9,2%.
Enfin, les avoirs extérieurs nets (des banques et instituts d’émission) n’échappent pas à la baisse. Avec un léger repli de 3,6%, ils s’élèvent à 189 milliards.








