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Gestion de l'eau, en quête du modèle optimal

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Par rapport à plusieurs pays de la rive méditerranéenne surtout ceux du nord, le Maroc était à la traîne en matière de gestion de l'eau. Une situation d'autant plus inacceptable que les défis ne manquent pas...

A cet effet, différents programmes ont été lancées (nouvelle politique d'irrigation, stratégie nationale du secteur de l'eau...). Ces programmes ont fait l'objet de débats et continue à le faire. Objectif : concevoir un modèle efficient pour une gestion rationnelle de l'eau au Maroc. «Gouvernance et gestion du secteur de l'eau», tel est le thème d'une conférence organisée, mercredi dernier, dans le cadre du Salon international de l'eau qui se tient du 20 au 24 mai à Casablanca.

L'attention a été portée, après un aperçu sur les pratiques en vogue à l'échelle internationale et surtout en Espagne, sur les différentes évolutions que connaît le Maroc dans ce domaine. La dernière nouveauté en date n'est rien d'autre que «la stratégie nationale du secteur de l'eau qui vient d'être adoptée et qui s'articule autour de cinq grands axes», a fait savoir Hamid Benabdelfadel de la Direction des ressources et planification de l'eau au secrétariat d'Etat chargé de l'Eau et de l'Environnement (SEEE). Il s'agit concrètement, a-t-il ajouté, de la gestion de la demande et de la valorisation de l'eau, la gestion et le développement de l'offre, la préservation et la protection des ressources en eau du milieu naturel et des zones fragiles, la réduction de la vulnérabilité aux risques liés à l'eau et l'adaptation aux changements climatiques et, en dernier lieu, la poursuite des réformes réglementaires. Cette nouvelle stratégie de l'eau se base sur trois principaux leviers, à savoir la réalisation d'objectifs ambitieux liés à la satisfaction des besoins en eau, l'accompagnement du développement socio-économique du pays et un changement radical des comportements d'utilisation et de gestion des ressources en eau.

Pour ce faire, «seize conventions de partenariats ont été signées entre le gouvernement et les seize régions du Royaume pour la réalisation de projets intégrés dans les secteurs de l'eau et de l'environnement », a rappelé Majid Benbiba, directeur général de l'hydraulique au SEEE. Ces conventions visent la rationalisation de l'utilisation de l'eau et l'implication de tous les acteurs, la protection et la valorisation des ressources en eau, la préservation des espaces naturels et de la biodiversité, la prévention et la lutte contre les risques, la dépollution et la gestion des déchets liquides et solides...

Et quand on parle de la gestion de l'eau, il est hors de question de ne pas évoquer le plus grand consommateur de cette ressource, à savoir le secteur agricole. Conscients de son importance, «les rédacteurs du Plan Maroc vert ont placé le sujet concernant l'eau parmi les réformes transversales les plus importantes qui doivent offrir les conditions de réussite de la mise en œuvre de ce plan», a laissé entendre Mahdi Arrifi, ingénieur principal à l'Administration du génie rural relevant du ministère de l'Agriculture et de la Pêche maritime. A cet effet, «une nouvelle politique d'irrigation a été adoptée, déclinée en trois principaux programmes», a-t-il précisé. Il s'agit d'abord du Programme national d'économie de l'eau en irrigation (PNEEI) qui sera réalisé sur une période de 10 ans. Ce nouveau programme est fondé non seulement sur la reconversion des techniques peu efficientes, mais aussi sur l'amélioration des revenus à travers la mise en valeur agricole et la valorisation de la production. Il consiste en la conversion massive de l'irrigation classique (gravitaire et aspersion) à l'irrigation localisée et portera sur une superficie de l'ordre de 550.000 ha, soit 37.000 ha par an.

Le deuxième programme a pour objectif la résorption du décalage entre les aménagements hydro-agricoles et les barrages réalisés. Ce décalage s'élève à 108 440 ha non encore aménagés et dont l'essentiel se situe dans le bassin du Sebou, notamment dans le grand périmètre du Gharb (85.740 ha). Ce programme permettra ainsi de valoriser les volumes régularisés non encore exploités dans l'irrigation de près de 1 milliard de m3/an mobilisé en grande partie par le barrage Al Wahda. Sa réalisation, prévue sur les 10 prochaines années, sera assurée par l'Etat en optant pour une irrigation localisée à la demande.

Le dernier programme concerne la réforme institutionnelle de la grande irrigation qui vise à promouvoir la gestion déléguée du service de l'eau d'irrigation à travers l'encouragement de l'investissement privé dans un cadre de partenariat public-privé (PPP). L'objectif est d'améliorer la compétitivité et les performances des grands périmètres d'irrigation, ainsi que la durabilité des systèmes d'irrigation. La première expérience entreprise dans ce sens est le projet PPP concrétisé récemment dans le périmètre d'El Guerdane dans le Sud du Maroc.

A travers toutes ces actions, «le Maroc, à l'instar de plusieurs pays du la rive méditerranéenne, cherche à bâtir un modèle efficient pour une gestion rationnelle de l'eau», a conclu M. Benbiba. Ce qui revient à dire que l'eau, un bien naturel rare et qui a un coût, est désormais pris en considération!
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Les défis à relever
Dans le cadre de cette conférence, les participants se sont attardés sur les défis auxquels doit faire face le Maroc en matière de gestion du secteur de l'eau. Le premier défi est celui de la sécheresse qu'a connue le Royaume dans les années 80 du 20e siècle. En deuxième lieu figure la surexploitation des nappes qui a causé une baisse alarmante dans la plupart des nappes (40m dans le Souss, 30m dans le Haouz, 60m dans le Saïss et 40m à Aïn Béni Mathar) et le quasi-épuisement de certaines. La pollution alarmante des ressources en eau est un autre problème. En effet, 600 mm3 d'eaux usés domestiques sont rejetés sans épuration (moins de 10% traités), 3,3 millions d'équivalent-habitant rejetés sans épuration par les industries, et ce sans oublier la pollution des nappes par les pesticides et les nitrates. Pire encore, il est prévu que les changements climatiques réduisent la pluviométrie de 5%, ce qui réduira de près de 15% les disponibilités en eau. D'autres défis ont fait l'objet de plus d'une intervention comme les inondations, les difficultés de financement…
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