Déjà, en 1996, au lendemain de la privatisation de BMCE, la restructuration, puis le placement, à travers une communauté d'investisseurs institutionnels de par le monde, du Global Depositary Receipts (GDR) qui aura été «une initiative pionnière d'innovation financière dans la région Mena», a été menée avec autant de brio par une banque marocaine. «C'est une alliance pour le développement», a déclaré Othman Benjelloun, président du groupe BMCE Bank, précisant qu'au-delà même de cet emprunt, «la SFI et le groupe BMCE Bank prennent acte d'une convergence de leurs orientations stratégiques». Lors de la cérémonie de signature de cette convention tenue hier lundi à Casablanca, M. Benjelloun a expliqué qu'en se dotant de moyens supplémentaires en fonds propres complémentaires de premier niveau (Upper Tier II), BMCE Bank ne peut qu'aller de l'avant dans sa propension à accompagner le développement soutenu et durable de la région subsaharienne.
Cela d'autant plus que la SFI, qui est imprégnée de ces mêmes ambitions louables, accompagne le groupe bancaire du Royaume dans son élan de raffermir durablement les synergies Sud-Sud dans une aire régionale dotée de «secteurs privés, solides, stratèges et visionnaires». Autant d'éléments qui constituent, a fait valoir M. Benjelloun, «une source pérenne de mobilisation de moyens humains et financiers en faveur de la modernisation des économies de la région et de celles de leur rayonnement à l'international». Somme toute, cet événement corrobore l'engagement de BMCE Bank d'assumer pleinement son rôle de pivot entre le Maroc, les marchés financiers matures d'Europe grâce à la filiale londonienne «MédiCapital» et par l'entremise des autres implantations aux Etats-Unis ou en Asie.
Car, précise en substance le président de BMCE Bank, avec son milliard de consommateurs, le continent africain, qui regorge de richesses de son sous-sol (mines, métaux précieux, pétrole…), dispose d'un gisement de croissance indéniable «inépuisé, voire inépuisable». Grâce à cet appui, corrélé aux autres relations de partenariat de par le monde, les success-stories établies au Maroc dans la retail, la Corporate bank, les activités de marché et d'investissement et au niveau du Private Equity seront d'emblée répliquées. Pour M. Benjelloun, ce sont là «autant d'actes catalyseurs, de leviers humains et de ressources en faveur du renforcement des infrastructures, du développement de l'énergie, du tourisme, de l'immobilier…». Durabilité sociale et environnementale des projets avec tout ce que sous-tend comme mise au diapason avec les meilleures pratiques internationales, volontarisme, application de critères de performances mutuellement avantageuses pour les unités productives et pour la collectivité dans son ensemble… ce sont là aussi des principes cardinaux de cette «alliance pour le développement durable» que les deux partenaires viennent de concrétiser.
Autre objectif et non des moindres, cette démarche idoine se veut aboutir, avec célérité, «à la bancarisation croissante des compatriotes africains par leur accès à une offre financière diversifiée alliant services bancaires de qualité et prestations sophistiquées». L'engagement du groupe BMCE Bank en faveur de la coopération Sud-Sud, a affirmé M. Benjelloun, prouve surtout que cette ferme volonté de promouvoir le transfert du know-how, des compétences avérées et des moyens autrement plus conséquents. Et d'indiquer que «notre ambition est qu'à l'horizon d'une décennie, l'ensemble des pays d'Afrique devienne la plateforme de développement du groupe BMCE Bank». Pour sa part, Jyrki Koskelo, vice-président de la SFI pour l'Afrique, les marchés financiers et les fonds, «l'investissement de BMCE Bank dans le réseau du holding BOA contribuera au transfert d'expertise et de savoir-faire vers l'Afrique subsaharienne».
Pour lui, ce partenariat permettra à l'institution du groupe de la Banque mondiale de contribuer de «manière significative» à l'établissement d'un groupe régional leader sur le marché des services financiers». Surtout que le groupe bancaire marocain occupe la pole position avec sa capacité de «s'étendre géographiquement sur les marchés en développement de leur région, voire au-delà». Au-delà de cet emprunt, a encore dit M. Kskelo, la SFI qui avait engagé en 2007 plus de 8,2 milliards de dollars pour financer pas moins de 299 projets, compte consolider son partenariat avec BMCE Bank et mettre ainsi en place une «coopération perpétuelle». Un partenariat d'autant plus «remarquable» pour le continent qu'il s'agit de promouvoir et de développer des niches tout à la fois porteuses et prometteuses que sont les télécommunications, les assurances, le tourisme… Et dans ces domaines justement, on compte mette à profit les indéniables du groupe bancaire marocain dont les réalisations dénotent toujours de l'efficacité de sa stratégie de croissance interne soutenue par la poursuite de l'exploitation des synergies entre ses différentes filières d'activité.
Ces performances devraient se renforcer davantage grâce au déploiement des activités à l'international combiné à l'optimisation des fonds propres de BMCE Bank. L'efficacité du pôle Remedial Management et le renforcement de son assise financière constituent des forces indéniables du groupe.
Pour rappel, fruit de son plan de développement ambitieux, BMCE Bank affiche des perspectives prometteuses, notamment à travers la mise en place de projets structurants et l'accélération du rythme d'ouverture de nouvelles agences (100 prévues pour 2008). A cela s'ajoute la dynamique commerciale sur le marché des entreprises et Corporate. Dans le même sillage, la montée en puissance des filiales à l'international notamment Medicapital Bank et le groupe BOA combinée aux performances remarquables des filiales marocaines devraient incontestablement doper les activités à moyen terme. En parallèle, la banque poursuit sa politique de stabilisation de son tour de table à travers le renforcement de la part du Groupe français CM-CIC qui porte sa participation à 15% contre 10% auparavant dans le capital.

















