A peine lancé il y a deux mois, le contrat-programme confectionné par deux cabinets de renommée internationale, à la demande du ministère des Finances en concertation avec les compagnies d’assurances, sera bientôt mis en branle.
L’étude d’un contrat- programme pour le secteur des assurances au Maroc qui a été confiée à deux cabinets «Actuariat» et «Oliver Wyman» est presque bouclée. Son lancement sur demande de la profession, du ministère de tutelle et du Comité consultatif des assurances (CCA) est jugé extrêmement important pour tracer une vision prospective sur l’évolution du secteur à l’horizon 2013. Pour accélérer la cadence du travail, l’étude est placée sous la houlette de deux comités. L’un, dit comité de suivi, se réunit une fois chaque semaine. L’autre, comité de pilotage composé des présidents des compagnies d’assurances se réunit une fois par mois pour valider les conclusions qui lui sont soumises.
Selon M. Yahyaoui, de la Direction des assurances et de la prévoyance sociale relevant du ministère des Finances, le contrat-programme ambitionne de trouver une réponse à trois questions de taille à savoir : comment développer l’industrie de l’assurance au Maroc qui représente plus de 20 milliards de dirhams, comment doubler le chiffre d’affaires et comment relever le taux de pénétration au PIB qui se limite à 3% actuellement.
Une mine pour l’épargne
L’étude se décline en cinq grands axes de développement ajoute-il. Le premier traite de la politique de la distribution : ce sont tous les problèmes des agents, coutiers et intermédiaires. Le secteur connaît de nombreux dysfonctionnements et de rigidité dans ce sens. Le second volet porte sur l’offre du secteur et les garanties y afférentes. Pour Yahyaoui, le souci aujourd’hui est de savoir comment augmenter cette offre et instituer le caractère obligatoire de la garantie en même temps que sa faisabilité.
La qualité des prestations et des indemnisations forme le troisième axe. C’est un problème assez complexe car l’indemnisation reste entre les mains des assureurs et du ministère de la justice. Les retards sont souvent attribués à la lente procédure au niveau des textes législatifs. La promotion de l’épargne longue est un autre axe majeur de l’étude. L’idée est promouvoir ce genre d’épargne (assurance-vie, capitalisation) puisque le secteur gère une forte dose d’épargne institutionnelle et le financement de l’économie on en a besoin. Le volet technique, fiscal et juridique est en train d’être peaufiné.
Le dernier axe traite, quant à lui, du problème de rayonnement du secteur à l’échelle internationale, régionale et africaine. Pour cela il faut d’abord faire sauter les verrous de changes et réglementaires et s’assurer de l’intérêt de l’extension dans un pays comme à l’autre.
Prévue pour la fin de ce mois de juillet, le contrat programme est sur de bons rails et ses modalités de mise en œuvre sont finement soignées. Vivement un secteur d’assurance assaini et réguler et véritable levier de croissance et de valeur ajoutée.

















